Victoire !

Fin de la rampe de lancement du début de saison, décollage pour les classiques printanières !

Le Tour du Maroc constituait la fin d´une première période de courses, débutée début février en Espagne, et qui s´est poursuivie en mars au Portugal. Le début de saison est crucial : il faut valider la préparation hivernal, monter en puissance progressivement, et si possible engranger des résultats afin d´emmagasiner de la confiance. La balance entraînement/récupération doit être savamment équilibrée : les premières courses sont toujours coûteuses en énergie physique et mentale, et il faut donc éviter d´en rajouter trop à l´entraînement. Le risque est toujours le même, tomber dans une spirale de surménage/surentrainement dont il est très difficile de sortir.

Le printemps est en effet un temps fort de la saison cycliste, avec de nombreuses courses renommées qui concentrent les enjeux importants pour le coureur, les équipes, les sponsors … Il faut donc arriver en bonne forme à ce moment de la saison pour espérer jouer les premiers rôles ! J´ai donc joué la prudence et observé plusieurs jours de repos au retour d´un Tour du Maroc qui a fatigués les organismes (dont les estomacs !).

TeamBlizMerida2015-03

J´entamais donc ce week-end une nouvelle phase de la saison, avec mes deux premières courses en « Europe du Nord ». Je pourrais qualifier cette période de « classiques », avec une succession de courses d´un jour durant 4 week-ends d´affilée. J´ai donc pris part à 2 courses en Suède, dont la saison cycliste a tout juste commencé le week-end précédent. Si l´arrivée du printemps se fait sentir, les températures sont toujours froides, entre 0 et 10 degrés.

Kinekulle cyclassic

Deux boucles de 72 kms, avec deux ascensions de la fameuse côte de « kinekulle », une anomalie topographique qui offre 2,6 kms de montée dans une région relativement plate. Je porte les couleurs rouge et noir de mon club, Uppsala CK, avec qui je participe aux courses suédoises.

Mon début de course est laborieux, et bien que je trouve l´allure assez lente après la multiplication des étapes supersoniques au Maroc, j´ai du mal à « mettre en route ». Rien de surprenant, je ne m´affole pas et peux me reposer sur mes deux coéquipiers Staffan et Karl-Axel qui intègrent la bonne échappée de 10 coureurs. Ils comptent rapidement deux minutes d´avance et je pense longtemps qu´ils vont aller au bout sans problème. Tant mieux me dis-je alors, une belle opportunité de résultats pour mes coéquipiers, et une journée « tranquille » d´ »entrainement » pour moi.

Mais à 40 kms de l´arrivée le peloton commence à exploser en plusieurs groupes. Je sors doucement de ma léthargie et saute de groupe en groupe, « réveillant » de force mon corps fainéant. Nous sommes une dizaine dans la contre-attaque, et nous allons fondre sur l´échappée que nous rattrapons à 20kms. Je me retrouve tout surpris d´être là, pour la gagne, avec des sensations s´étant améliorées sans cesse. Je ne me pose donc pas de questions et attaque sèchement vent de face. Je reviens sur deux coureurs qui venaient de s´isoler en tête. Ils m´ont l´air fatigués, je me sens désormais totalement débloqués et je ne vois pas de raison de rester avec eux. J´attaque donc et pars seul, à 15 kms de l´arrivée. Dans une situation assez inédite, seul en tête d´une course, je jette toutes mes forces pour résister au retour des autres. Les jambes répondent bien, le final vent de dos vers la ville de Götene me permet de garder une bonne allure, et je l´emporte avec une trentaine de seconde d´avance !

Je n´ai jamais pensé une seconde pouvoir jouer la victoire durant les 3/4 de la course, et finalement gagne en solitaire… retournement de situation qui fait la beauté du cyclisme !

Kinekulle cycliassic

Kinekulleloppet

13kmsx10 = 130 kms, avec la montée de Kinnekulle à chaque tour. Ces 2000m de dénivelé positif en font la seule course pour « grimpeur » en Suède.

A contrario de la veille, je prend la course à l´envers en essayant vainement de m´échapper avant la côte. Je laisse beaucoup de forces dans ces multiples tentatives, et ne peut accrocher le bon groupe de 8 coureurs qui s´en va en haut de la seconde ascension. Je ne me sens pas super, fatigué de la veille, mais à l´expérience, je souffre en silence tandis que le peloton s´amenuise. Plus les tours passent, moins les ascensions sont rapides, et plus je suis à mon avantage. Je produis donc mon effort dans le dernier tour pour aller chercher la 8ème place d´une course remporter par mon coéquiper finalndais de Bliz-Merida, Matti Mattinen (photo).

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