Victoire d’équipe au Maroc !

Étape 4 : c’était l’étape reine, 200 kms entre Marrakech et Ourzazate via le col Tichka, à près de 2500m d’altitude dans les montagnes de l’Atlas. J’avais terminé 15ème de cette même étape en 2016, et la connaissance du parcours m’a beaucoup aidé. Je savais notamment qu’après le col, franchi à mi-parcours, nous bacsulerons dans le désert avec un fort vent de dos jusqu’à l’arrivée. Me sachant pas assez en forme pour suivre les tous meilleurs dans la montagne, je mets tous mes oeufs dans le même panier et m’emploie à prendre l’échappée. Mais l’allure ne faiblit jamais et aucune échappée significative ne se forme avant les montagnes.

J’ai déjà brûlé pas mal de cartouche et tâche de gèrer le reste de l’étape au mieux, finissant dans un 3ème groupe aux alentours de la 30eme place. Victoire d’A.Vermeulen, un coureur World Tour ces dernières années.

Étape 5 : 160kms dans le désert, entre Ouarzazate et Zagora. Mon coéquipier Ben prends l’échappée qui paraît un temps prendre le large avant que l’équipe de la Republique Dominicaine d’un certain Mancebo, qui était dans les top 5-10 du Tour de France durant les années Armstrong, commence à attaquer à tout va.

Avec le vent, cela provoque beaucoup de nervosité et une grosse chute intervient où nous perdons notre sprinteur Jacob Tipper. Il repartira sans mal mais ne pourra pas rejoindre le peloton, réglé par l’italien Marezcko. 

Etape 6 : un peu plus de 200kms entre Tazenakht et Taroudant avec un vent de 3/4 face. La course est décousue, notamment du fait de Mancebo et son équipe, dont la force n’a pas de limite…

À la mi-course environ, un groupe d’une quinzaine de coureurs s’échappent avec des hommes forts placés au général. Ils s’entendent bien et sont en passe de plier la course. Nous réagissons vite et roulons avec une autre équipe piégée, Baku, puis avec le maillot jaune en personne que j’ai dû aller convaincre de nous aider si il ne veut pas tout perdre. Un gros bras de fer s’engage, nous sommes 6-7 à nous relayer contre 15. Nous stabilisons l’écart en dessous de la minute avant de grignoter seconde par seconde. Tout le monde est à fond, cela se jouera au groupe qui craquera en premier. Le maillot jaune a finalement bien compris le danger et passe de gros relais, et nous revenons finalement après une grosse poursuite. Et là, notre leader/sprinteur pour qui nous roulons sur ce tour prend ses responsabilités et s’infiltre dans une nouvelle échappée qui se forme presque aussitôt, à 40kms de l’arrivée. C’était particulièrement bien vu car après une tel poursuite tout le monde a besoin de souffler, et l’échappée prend vite jusqu’à 4 minutes d’avance. 

Problème, dans l’échappée figure le triple vainqueur d’étape Marezcko flanqué d’un solide coéquipier, M. Coledan. Mais ces deux coureurs, habitués aux joutes World Tour, n’ont probablement pas pris la peine de se renseigner sur mon coéquipier Jacob Tipper, excellent pistard, et qui a donc une chance de battre Marezcko dans un sprint d’homme à homme. On a donc d’un côté deux italiens faisant peut-être preuve d’un peu de suffisance, de l’autre Jacob Tipper qui croit en ses chances de s’offrir un des meilleurs sprinteurs mondiaux.

Résultat : notre coéquipier Jacob Tipper GAGNE l’étape ! Et récompense ainsi formidablement notre beau travail d’équipe sur cette étape, où nous avons tout donné pour renverser la situation en notre faveur ! Notre Tour du Maroc est déjà réussi et notre saison, dans la lignée fin bon Tour de Taïwan, parfaitement lancée !


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