Tour du Maroc #10 : Une dernière étape tendue !

La dernière étape n´avait rien d´une parade entre les deux capitales marocaines, Rabat (administrative) et Casablanca (économique). Depuis Rabat, ville royal chargé d´histoire avec un patrimoine toujours visible, nous longions la côte pendant une petite centaine de kilomètre, avant d´entrer dans Casablanca, ville bouillonnante de 8 millions d´habitants.

Rabat

Assis à la terrasse d´un café avec l´infirmier qui m´aura aidé à panser mes plaies depuis cette chute lors de 1ère étape, je savoure ces derniers instants tranquilles. Je ne me doute pas encore que cette étape va atteindre un paroxysme de tensions. A l´image de cet infirmier, j´ai rencontré pas de marocains ouverts et gentils, un sourire franc jamais loin, et avec qui l´on peut parler de tout (relativement) librement : le régime politique et l´image sacré du Roi, la condition des femmes, etc … C´est un pays agréable à visiter avec des paysages extrêmement variés, et je comprend pourquoi le tourisme ne s´essouffle pas ici. A propos de l´image du Roi (Mohammed VI), l´organisation transporte son portrait géant d´étape en étape, dans une berline prévue à cette effet, afin de l´afficher aux départs et arrivées…

Concernant les femmes, le débat revient souvent, pour une simple raison : on ne les voit pas. Particulièrement en soirée et dans toute sorte d´espaces publiques. Lors d´une ballade à Casablanca hier soir, le mécanicien de la fédération marocaine me confiera que les femmes que l´on voit dehors le soir sont les « mauvaises femmes », les femmes marocaines étant reconnu pour être particulièrement doué dans les tâches (ménagères) auxquelles elles sont cantonnées, et de fait convoitées par des riches étrangers du Golfe Persique. Pourtant généralement adepte d´un islam « modéré », le Maroc demeure à des millénaires des combats féministes suédois… (un autre extrême dont mes coéquipiers suédois ne sont cependant pas forcément partisan)

Après 9 jours de course, la fatigue est généralisée dans le peloton, mais l´enjeu prend toujours le dessus. Le vent souffle de ¾ dos, promettant beaucoup de vitesse et des bordures. Les Marocains, « seulement » 3ème au général, jouent leur va-tout en prenant la course en main dès le départ. Leurs 3 équipes se positionnent en tête de peloton avec un seul mot d´ordre : rouler aussi vite que possible. Contrairement à la plupart des étapes précédentes, cette route est parsemée de dangers : séparateurs de voies, ronds-points, voitures garés sur la gauche de la route, portions en travaux, nids de poules … Avec une vitesse moyenne de 50km/h durant les deux premières heures de courses et la bagarre incessante pour rester aux avant-postes, inutile de dire que la tension est à son comble. Fatigués nerveusement et physiquement, beaucoup de coureurs sont proches de partir à la faute et créer une chute collective. Certains ont les nerfs qui lâchent complètement et j´assiste médusé à des débuts de bagarre en plein peloton, à 50km/h ! J´ai vu un coureur jeter violemment un bidon sur un autre, des coups de poing/pied ou intimidations, et un nombre d´insultes incalculables, dans toutes les langues. Le commissaire devra monter plusieurs fois à hauteur du peloton pour calmer les esprits, et mettra même hors-course plusieurs coureurs, fait très rare.

Heureusement, les jambes répondent bien de mon côté, ce qui me permet de minimiser la prise de risque, en tenant des micro- distances de sécurité avec le fossé, les voitures sur le bord de la route, les coureurs qui se battent, etc … (lorsque le vent souffle de dos/côté, le peloton est étiré sur un côté de la route, et l´abri maximum se situe légèrement décalé par rapport à la roue de devant, au plus proche du fossé, et des voitures garées …).

Casablanca

Je survis donc à cette guerre des nerfs et rassemble mes forces pour l´arrivée au sprint à Casablanca. J´ai vraiment de bonnes sensations, mais l´arrivée ultra rapide en faux-plat descendant est une affaire de kamikaze. Je manque d´agressivité et d´audace dans les 500 derniers mètres, et enfermé au milieu de la meute, je termine 7ème.

Classements

2 réflexions sur « Tour du Maroc #10 : Une dernière étape tendue ! »

  1. Excellent article, et félicitations pour ton tour de haute volée. 10 jours de course de ce niveau, tu vas certainement pouvoir capitaliser dessus. Ne manque plus que la gagne.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *