Retour en forme ?

Alors que le printemps tarde à arriver, -il a encore neigé cette semaine à Uppsala !-j’ai enchaîné les épreuves à tous les échelons : régionales, nationales, et internationales.

28, 29 et 30 avril : Courses UCI au Danemark et le retour des frontières en Europe …

Pour la 4ème année consécutive, je devais participer à ces épreuves phares du printemps en Scandinavie, 3 courses dans le nord du Danemark, rassemblant les meilleurs équipes de Scandinavie et d’Europe du Nord. Longues et piégeuses, ces courses m’ont souvent réussi avec plusieurs top 10. J’ai pourtant failli ne pas prendre le départ à cause d’une mésaventure qui ne m’étais jamais arrivée…

Jeudi matin, la veille de la première course, à l’heure d’embarquer sur le ferry entre Göteborg et Fredrikshamn, nous sommes arrêtés par un contrôle d’identité. Je sais qu’ils peuvent survenir, mais demeurent très rares. J’avais quand même pris ma carte d’identité, au cas où. La même que j’utilise depuis toujours pour tous mes voyages au sein de l’espace Schengen, espace (présumée…) de liberté de circulation pour les citoyens de l’Union européenne. Je présente mar carte, ne me doutant pas le moins du monde qu’on allais me refuser d’embarquer … le week-end précédent, j’étais allé en Finlande avec une compagnie de ferry similaire…sans aucun problème.

Mais l’agent de la compagnie de ferry, à quelques minutes de la fermeture de l’embarquement, me refuse tout bonnement le droit d’embarquer, exigeant mon passeport, que je n’ai pas… ! Je proteste vivement, la carte d’identité doit suffire pour circuler au sein de l’UE. Mais l’agent ne veut rien entendre, ni faire preuve de bon sens lorsque je lui montre ma bonne foi et une photo de mon passeport sur mon téléphone … Il avance qu’il s’agit de nouvelle règles propres à la compagnie de ferry, qui vient récemment de renforcer ses contrôles (vraisemblablement depuis l’attentat qui a frappé Stockholm le 7 avril). J’appelle le consulat de France à Göteborg, qui ne peut pas m’aider. Désabusé, Je suis obligé de prendre un train pour rentrer chez moi (à 500 kms de Göteborg) et de prendre un vol le jour suivant afin de participer aux courses de samedi et dimanche. J’ai du mal à comprendre ce qui m’arrive, tout cela me parait injuste … et surtout tellement ridicule ! Si j’avais été un immigré sans-papier j’aurais pu très bien m’allonger à l’arrière de la voiture et traverser sans aucun problème … A l’heure où les nationalismes montent en Europe, il est frappant de constater qu’une partie de la population soit prête à renoncer à une de libertés les plus élémentaires, mais chèrement acquise, celle de circuler librement !

Bref, après 3 jours de voyage entre la Suède et le Danemark, je peux au moins courir le samedi sur le GP de Viborg. La course explose sous l’effet du vent, et je suis dans un second groupe de 25-30 coureurs en chasse derrière le premier groupe d’une taille équivalente. Le reste des 180 coureurs sont éparpillés derrière. Nous grapillons du temps sur le premier groupe, et l’on se dirige vers un regroupement, lorsque le moto ouvreuse nous emmène sur une mauvaise route ! Demi-tour, puis stop, personne ne sait où aller ! La course est arrêtée dans l’attente des commissaires, mais le premier groupe court toujours ! Finalement, un nouveau départ est donnée, sans savoir si le premier groupe fut lui aussi stoppé. Le coeur n’y est plus, notre groupe abandonne complètement la chasse et devient un gruppetto … Dommage.

Le dimanche se disputait la course de Skive. Encore une fois le vent casse le peloton à plusieurs reprise. J’ai du mal à frotter et me positionner, et me retrouve plusieurs fois à boucher des trous. Après de multiples coups de bordure, 30-40 coureurs se détachent, et j’échoue encore dans le second groupe d’une trentaine de coureurs. L’écart est de plusieurs minutes lorsque nous arrivons sur le circuit final, et nous sommes priés de nous arrêter pour laisser place à la trentaine de rescapés.

J’étais donc loin de faire un résultat ce week-end, trop tendre physiquement et mentalement pour aller bagarrer à l’avant avec des danois et norvégiens rompus à ce genre de conditions.

Mais ces deux courses rapides m’ont bien fait progressé, et pour la première fois depuis Rhodes, j’ai de bonnes sensations lors de la première Coupe de Stockholm le mardi 2 mai. Offensif, je ne m’économise pas, et parviens tout de même à finir 2ème.

J’enchaînais le 6-7 mai avec un week-end à Göteborg. Le critérium vendredi soir est très technique, en plein centre-ville. Pas mon truc, mais je me fais violence et finis au sein des 25-30 rescapés sur 60 partants. Mon coéquipier britannique Ben, vainqueur d’une étape au Tour du Maroc termine bon 3ème.

Yannick capturé par l’excellent photographe Valentin Baat

Le lendemain, nous sommes toujours que 3 « Memil Pro Cycling » au départ de la course en ligne, mais réalisons une course pleine de maîtrise. Nous nous sentons tous les 3 forts et durcissons la course dès que l’occasion se présente. A 35 kms de l’arrivée, mon coéquipier hollandais Yannick part dans une bosse, et j’accompagne un contre de 4 coureurs qui se forme derrière lui. Nous faisons le trou avec le peloton, je suis dans une position idéal. Yannick fait un numéro et creuse l’écart avec les 4 poursuivants. A 20 kms de l’arrivée, le peloton se rapproche dangereusement de notre groupe et j’attaque pour essaye de rejoindre Yannick. Mais ce dernier a déjà creusé un écart d’une minute, que je suis incapable de boucher ! Je suis repris à 5kms de l’arrivée par le peloton, tandis que Yannick n’est pas inquiété et décroche une superbe victoire !

Je termine 6ème, en m’en voulant un peu d’avoir mal jauger la situation. J’aurais du faire le saut plus tôt pour rejoindre Yannick, mais j’avais surestimer les forces des coureurs du contre, à 4 contre 1, je ne pensais pas qu’ils allaient se faire distancer si vite par Yannick ! Nous repartons en tout cas très satisfait du week-end, c’est toujours satisfaisant de sentir que l’équipe a pu vraiment peser sur la course !

Yannick s’envole vers la victoire ! Bon week-end pour l’équipe !
Yannick avec un gros chèque de banque

Superbe course en ligne avec départ et arrivée en plein centre de Göteborg, deuxième ville de Suède :

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