Acclimatation

Cela fait 5 jours que je suis arrivé à Duoba à côté de Xining. Basés à 2300m d’altitude, nous avons pu nous entraîner jusqu’à 3300 mètres. Ces quelques jours d’acclimatation et d’entraînement ont été très précieux, car je me suis vite rendu compte que, je ne suis naturellement pas à l’aise à cette altitude. Ce n’est pas une surprise, je n’ai par exemple jamais eu un taux d’hématocrite particulièrement élevé.

Les effets de l’altitude sur l’organisme

En altitude, la pression atmosphérique diminue : il y a moins d’oxygène disponible pour l’organisme. La quantité d’oxygène disponible à 3000 mètres correspond aux deux tiers de celle disponible au niveau de la mer. Cela se traduit par une accélération de la fréquence de ventilation et de la fréquence cardiaque, afin de capter davantage d’oxygène dans l’air et le transporter plus rapidement aux muscles. Cette réaction est coûteuse pour l’organisme au plan énergétique, car elle fait travailler davantage les muscles respiratoires et le cœur.
Avec l’acclimatation, un mécanisme plus économique  se met en place : l’augmentation du nombre de transporteurs d’oxygène, c’est à dire les globules rouges. Malheureusement, ils sont longs à fabriquer. Dans mon cas, cette petite semaine d’acclimatation va évidemment contribuer à ralentir ma fréquence de ventilation et mon rythme cardiaque, mais ne suffira pas pour revenir aux valeurs de base.

En somme, les effets délétères de l’altitude vont s’atténuer, mais je ne pourrais pas performer comme si j’étais au niveau de la mer.

La 1ère sortie (2 heures de vélo), dimanche dernier, fut particulièrement pénible, même à allure modéré et en restant entre 2300 et 2600 mètres. Le coeur battait vite, il faut dire que je suis arrivé en relatif manque d’entraînement à cause du travail, avec 7 jours sans vélo durant les deux semaines avant d’arriver en Chine. C’est beaucoup trop, et je comptais donc beaucoup sur ce mini bloc d’entrainement en altitude pour booster ma forme.

Les deuxièmes (2h) et troisièmes (3h) entrainements furent un peu moins difficiles, mais une amélioration progressive m’a autorisé à faire quelques intensités. J’étais toujours rapidement à court de souffle, ressentant le manque d’oxygène. Ce n’est que depuis mercredi (3h), et une nouvelle ascensions d’un col à 3300m, que j’ai senti une amélioration. Le temps ensoleillé (20-25°) comme les belles routes d’entraînements ont en tout cas rendu ces quelques jours d’entrainements vraiment agréables.

Il reste maintenant 3 jours avant le départ de la course, dimanche. Le but est de bien récupérer de ce petit bloc d’entraînement qui a été extrêmement bénéfique. Le reste de l’équipe, arrivé une semaine avant moi, est bien en forme et je pense que nous sommes en mesure de faire de belles choses. Mais cette course est tellement particulière qu’il faudra rester humble et ne pas s’enflammer les premiers jours… C’est en tout cas ce que j’ai prévu !

Prochains articles prévus :

  • vendredi, présentation de mon équipe Memil-CCN Pro Cycling 
  • samedi, présentation de la course
  • dimanche : compte-rendu de la 1ère étape 

Tour de Qinghai Lake

C’est parti pour 3 semaines d’aventure, à suivre régulièrement sur ce carnet de bord ! Je suis arrivé aujourd’hui à Xining, capitale de la province de Qinghai, immense région chinoise qui s’étend sur les hauteurs du plateau tibétain.

La province de Qinghai en rouge
La ville de Xining compte plus de 2 millions d’habitants, tandis que la province de Qinghai est faiblement peuplée.

Le voyage fut relativement rapide. J’ai quitté Stockholm vendredi en fin d’après-midi après les festivités de la fête nationale organisées par l’ambassade. Arrivé 2h15 en avance, j’ai même eu le temps d’aller piquer une tête dans un lac à côté de l’aéroport. Un vol direct pour Pékin, puis un second pour Xining. Un véritable vol domestique, rempli de chinois qui se raclent la gorge (et crachent) bruyamment, et avec du chien au menu !

Nous ne sommes pas dans la région autonome du Tibet, difficile d’accès (visa), mais les traditions culturelles tibétaines et mongoles, empires qui dominaient la région autrefois, imprègnent le Qinghai. Au fil du XXème siècle, la République populaire de Chine a gratté des territoires du plateau tibétain, englobant alors cette partie du Tibet dans la province de Qinghai.

Carte »culturel » du Tibet 

Le Tour de Qinghai Lake est une course par étape UCI 2.HC longue de 14 jours, du 22 juillet au 4 aout ! Surnommée le « 4ème Grand Tour », la course est surtout connue pour être extrêmement difficile et unique en son genre, par son parcours compris entre 2600m et 4000m d’altitude !

Mes 6 autres coéquipiers sont déjà sur place depuis une semaine et l’acclimation se passe bien. Je dispose pour ma part de 7 jours pour faire des globules rouges et tâcher d’aborder cette course exceptionnelle dans une bonne condition physique.

Flat and mountains…. #Repost @hannezon ・・・ In the back we find some sprinters

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Championnat de France professionnel

Je participais dimanche 1er juillet à mon 4ème championnat de France pro, et ce fut le malheureusement le premier que je n’ai pas pu achever.

Pris dans une violente chute avec 5-6 autres coureurs à la mi-course (125kms), je me relève vite et tente de repartir avant de constater qu’il ne reste plus grand chose sur mon vélo qui ne soit pas cassé…

Je m’en tire avec quelques égratignures et hématomes, et cela ne compromet heureusement pas ma participation à ma prochaine course, qui constitue certainement le plus gros challenge de ma carrière…

Cela faisait 1,5 ans et donc une multitudes de courses que je n’étais pas tombé… Malheuseument le parcours semi-urbain de Mantes-la-jolie, difficile et technique par endroits, a occasionné pas mal de chutes. La longueur de la course (250kms) et la chaleur (33°) ont contraint plus de la moitié des quelques 160-170 coureurs pros français au départ à l’abandon. Le solide Anthony Roux remporte brillamment la course et portera le maillot tricolore pendant 1 an. Classement

En Finlande et au Danemark avant les Frances

J’ai déjà pas mal couru durant ce mois de juin (9 courses), avec une période forme fin mai qui s’est prolongée 2-3 semaines.

Les 3 jours de Stockholm inauguraient le mois de juin, avec 2 critériums et une course en ligne. Les circuits plutôts faciles ne permettaient pas de faire la différence, et je me suis surtout servi de ce week-end comme mini-bloc d’entraînement, en roulant 2h avant chaque course. Ne pouvant que peu rouler la semaine, je me dois de rentabiliser les week-ends.

Une de mes nombreuses, vaines, tentatives d’échappée ce week-end là.

Les deux week-end suivant avec mon équipe continentale Memil-CCN constituaient des objectifs plus importants. En Finlande, pays où l’équipe est enregistré, nous avions le devoir de faire bonne figure. Sur les 3 course, nous nous mettons à la planche au service de notre sprinteur anglais Jacob Tipper, qui termine 2ème, 1er, et 2ème. Mission accompli, car au delà des résultats, nous avons assumons nos responsabilités et laissés une solide impression.

Tipper 2ème …
Puis 1er le lendemain !

Au Danemark, la configuration est différente : les 2 courses sont classés UCI 1.1, avec des équipes World Tour (1ère division) et Pro Conti (2ème division) au départ. Les excellents équipes continentales (3ème divisions) danoises, norvégiennes et hollandaises font mieux que compléter le peloton, ayant clairement le niveau pour gagner.

La première course est « Fyen Rundt », le tour de l’île de Fionie, une belle course longue de 200kms, que j’avais terminé à 7ème place en 2015. La course est rapide, les belges de Sport Vlaanderen – Baloise loupant la 1ère échappée avec 8 fortes équipes à son bord. Ils se démènent pour rentrer, avec l’aide des norvégiens de Joker. Le regroupement intervient après 120 kms, et la course devient décousue avant que Trek-Segafredo, dont la plupart des coureurs étaient en reprise après le Giro, ne prennent les choses en main. Ils contrôlent le reste de la course et emmènent Mads Pedersen à la victoire. Pour ma part, j’ai des sensations moyennes mais connaissant bien le parcours, je parviens à m’accrocher aux bons endroits, et termine dans le peloton réduit à une quarantaine de coureurs, 26ème. Une bonne course, 203 kms à 45,4 km/h de moyenne !

Victoire au sprint du champion du Danemark Mads Pedersen (Trek), devant Jesper Morkov (Quick-Step)

Le lendemain, le GP Horsens Posten proposait un profil beaucoup moins roulant et est considéré comme la course la plus difficile au Danemark. Le parcours est juchés de côtés courtes mais raides, séparés par des portions exposés au vent sur de petites routes sinueuses. En somme, aucun répit. Dans un bon jour, je sais que ce type de parcours peut me convenir et je suis bien motivé au départ. Comme prévu, la course est rapide et débridée. Je me fais éjecter du peloton à la mi-course sur un coup de bordure des Trek-Segafredo mais me maintiens bien dans la course et les morceaux se recollent plus tard. A ce niveau là, il n’y a que de bons coureurs, et cela favorise les regroupements. J’aborde le circuit final dans un peloton réduit à une quarantaine de coureurs. Il me manque un brin de force, ou d’audace, pour accrocher le groupe qui se détache à 20kms de l’arrivée. Dans une arrivée en bosse, je prends la 4ème place du maigre peloton, la 18ème de la course. Une place dont je me satisfais amplement après une course aussi âpre et difficile !

Tour d’Estonie, UCI 2.1

Une bonne forme, qui m’a permis de prendre du plaisir en courant offensivement. J’ai pris plusieurs échappées durant les deux étapes à la physionomie complètement différente (cf les cartes Strava en bas de l’article). Cela s’est soldé par une deuxième place au classement des grimpeurs (qui récompense davantage les baroudeurs, les parcours étant relativement plats) et une 19ème place au classement général final, grâce à des bonifications. Pas le jackpot, mais de petits accessits qui font plaisir à ce niveau là. Je suis l’un des rares, si ce n’est le seul, qui travaille à temps plein, la plupart des coureurs de ce peloton font du vélo à 100%. J’ai également travaillé pour notre sprinteur J.Tipper qui termine 10ème de la 1ère étape. Classements E1 et E2

Tour Of Estonia 2018, Tallinn – Tartu / photo: Ardo Säks

Tour Of Estonia 2018, Tallinn – Tartu / photo: Ardo Säks
Tour Of Estonia 2018, Tallinn – Tartu / photo: Ardo Säks