#1 & #2 Tour de Qinghai Lake

Etape 1 : Ledu –> Xining, 162 kms

Une étape relativement plate, avec tout de même un col roulant, qui nous fait monter de 2000 à 2800m d’altitude. Une échappée de 3 coureurs prend de l’avance dès le départ, et aucune équipe ne veut prendre la poursuite à son compte. Alors regroupés à l’avant, nous commençons à faire le tempo… qui durera finalement 150 kms, aucune équipe ne venant nous aider. Nous allons donc passer la majeure partie de l’étape à rouler en tête de peloton, jusqu’à la préparation de l’emballage finale où les équipes de sprinteurs déboulent de toute part.

Dure journée pour ma part avec le coeur très haut, j’ai déjà laissé beaucoup d’énergie. J’espère que cela est simplement due à ces 3 jours d’entraînement léger précédant la course, et que la forme va s’améliorer. Notre sprinteur Jacob Tipper, enfermé et accroché dans le final, ne peut malheureusement pas concrétiser le gros travail d’équipe.

Pas de résultat mais des sponsors très contents… Nous avons montrés le maillot durant 3 bonnes heures en tête de peloton sur la chaîne CCTV 5, la chaîne de télévision publique chinoise dédiée au sport, regardée par des dizaines de millions de téléspectateurs…

Victoire au sprint du grec Georgios Bouglas

Classement

Etape 2 : Xining, 115 kms

Après une difficile première journée, j’ai pu récupéré un peu aujourd’hui durant une étape courte et plate, donc relativement facile (courue quand même à 46,1 km/h de moyenne…).

Je suis resté tranquillement au sein du peloton, avant de faire le travail pour maintenir mon équipe à l’avant dans les 30 derniers kms. J’ai tenu jusqu’à 6kms de l’arrivée, laissant ensuite le relai à mes coéquipiers. J’apprécie ce rôle qui me permet de faire le travail pour mon équipe bien en amont du sprint massif. Depuis mon accident en Grèce l’année dernière, je n’ai plus le goût d’aller jouer des coudes dans des sprints complètement fous, où il faut « débrancher le cerveau » pour prendre tous les risques et ainsi espérer un résultat.

Notre sprinteur Jacob Tipper manque une nouvelle fois de réussite, dans un final houleux. Nous allons maintenant enchaîner plusieurs étapes montagneuses, avec dès demain un col à plus de 3800m d’altitude.

Classement

Victoire de l’australien Brenton Jones, de l’équipe continentale pro francaise Delko-Marseille

Prêt pour le Tour de Qinghai Lake !

Ca y est, le dernier entraînement a été effectué cette après-midi, nous voilà prêt pour cette course classée « Hors Catégorie » (UCI 2.HC), soit le deuxième niveau international, après les courses du « World Tour. » C’est la seule course du calendrier international longue de 2 semaine. Seuls les 3 « Grands tours », sont plus longs (3 semaines). 154 coureurs (23 équipes) sont au départ. (liste des partants)

Ce matin avait lieu la présentation des équipes, devant des milliers de personnes.

Il y avait déjà beaucoup du monde sur la route menant au stade
Hannes répond à une interview avant la présentation des équipes, retransmises en direct sur CCTV.
Nous avons défilés à vélo sur la scène, devant un stade comble.

Hier, nous avons effectués un contrôle médical obligatoire pour tous les coureurs. Ce check-up incluait notamment un électro-cardiogramme, un contrôle de la pression artérielle, et quelque chose que je ne j’avais jamais fait, un relevé de la saturation en oxygène du sang. Cela correspond au taux d’oxygène présent dans les globules rouges. Entre 94 et 98 %, la saturation en oxygène est considérée comme « bonne ». J’ai obtenu 99%, et j’attaque ce tour dans une santé excellente. Je suis aussi à mon « poids de forme », 66 kgs (pour 1m80).

Signe de l’exigence physique hors-norme de cette course en altitude, un contrôle médical est imposé à tous les coureurs.

La plupart des équipes étant arrivés bien en avance, les coureurs sont maintenant impatients d’en découdre, et les deux premières étapes relativement plates promettent d’être rapides et nerveuses.

S’en suivra une série d’étapes (3 à 9) montagneuses. L’étape 6, une course de côte de 66 kms, sera cruciale pour le classement général, avec une arrivée au sommet à plus de 4200m d’altitude. Les étapes 5 et 8 sont les plus longues : 235 et 237 kms.

Les étapes 9 à 13, après une journée de repos le 31 juillet, sont plates et ne devraient pas bouleverser le classement général. Elles conviendront parfaitement aux sprinteurs qui auront survécus à la montagne.

Au total, 1841 kms sont à parcourir, en 13 étapes.

Notre équipe, Memil-CCN Pro Cycling, est composée de 7 coureurs, issues de 4 nationalités différentes :

🇦🇺 Sam Volkers, 26 ans
 Ben Hetherington, 22 ans
 Jacob Tipper, 26 ans
 Rob Orr, 37 ans
🇫🇷 Pierre Moncorgé, 26 ans
🇸🇪 Erik Bergström Frisk, 18 ans
🇸🇪 Hannes Bergström Frisk, 23 ans

Notre équipe s’articule autour de deux coureurs, chacun spécialiste dans leur domaine :

  • Jacob Tipper est notre sprinteur. Il a déjà prouvé cette saison qu’il pouvait battre n’importe qui, en remportant notamment une étape du Tour du Maroc devant l’italien J.Mareczko.
  • Hannes Bergström est notre grimpeur, et vise le classement général. Il a montré lors de l’étape reine du Tour du Maroc qu’il pouvait suivre les tous meilleurs. Le niveau sera plus relevé ici, mais il s’est bien préparé et est très motivé.

Sam, Ben, Rob et moi seront là pour les aider du mieux possible, tout en ayant carte blanche sur certaines étapes pour tenter notre chance dans les échappées. Erik, 18 ans, est là pour découvrir, sans pression. Mais ses qualités de grimpeurs devrait lui permettre d’épauler son frère assez loin dans la montagne.

Voici 2 vidéos de promotion de l’épreuve, qui donnent une idée de l’environnement et de la course :

Par ailleurs, je vous invite à écouter aujourd’hui (16h19 et 19h10) la délicieuse émission « Le goût du monde » sur la radio RFI, animée par Clémence Denavit. Lors de mon passage à Paris pour les championnats de France, j’ai eu la chance d’être invité à participer à cette émission spéciale Tour de France, avec mon ami Pierre Carrey, journaliste à Libération.

Acclimatation

Cela fait 5 jours que je suis arrivé à Duoba à côté de Xining. Basés à 2300m d’altitude, nous avons pu nous entraîner jusqu’à 3300 mètres. Ces quelques jours d’acclimatation et d’entraînement ont été très précieux, car je me suis vite rendu compte que, je ne suis naturellement pas à l’aise à cette altitude. Ce n’est pas une surprise, je n’ai par exemple jamais eu un taux d’hématocrite particulièrement élevé.

Les effets de l’altitude sur l’organisme

En altitude, la pression atmosphérique diminue : il y a moins d’oxygène disponible pour l’organisme. La quantité d’oxygène disponible à 3000 mètres correspond aux deux tiers de celle disponible au niveau de la mer. Cela se traduit par une accélération de la fréquence de ventilation et de la fréquence cardiaque, afin de capter davantage d’oxygène dans l’air et le transporter plus rapidement aux muscles. Cette réaction est coûteuse pour l’organisme au plan énergétique, car elle fait travailler davantage les muscles respiratoires et le cœur.
Avec l’acclimatation, un mécanisme plus économique  se met en place : l’augmentation du nombre de transporteurs d’oxygène, c’est à dire les globules rouges. Malheureusement, ils sont longs à fabriquer. Dans mon cas, cette petite semaine d’acclimatation va évidemment contribuer à ralentir ma fréquence de ventilation et mon rythme cardiaque, mais ne suffira pas pour revenir aux valeurs de base.

En somme, les effets délétères de l’altitude vont s’atténuer, mais je ne pourrais pas performer comme si j’étais au niveau de la mer.

La 1ère sortie (2 heures de vélo), dimanche dernier, fut particulièrement pénible, même à allure modéré et en restant entre 2300 et 2600 mètres. Le coeur battait vite, il faut dire que je suis arrivé en relatif manque d’entraînement à cause du travail, avec 7 jours sans vélo durant les deux semaines avant d’arriver en Chine. C’est beaucoup trop, et je comptais donc beaucoup sur ce mini bloc d’entrainement en altitude pour booster ma forme.

Les deuxièmes (2h) et troisièmes (3h) entrainements furent un peu moins difficiles, mais une amélioration progressive m’a autorisé à faire quelques intensités. J’étais toujours rapidement à court de souffle, ressentant le manque d’oxygène. Ce n’est que depuis mercredi (3h), et une nouvelle ascensions d’un col à 3300m, que j’ai senti une amélioration. Le temps ensoleillé (20-25°) comme les belles routes d’entraînements ont en tout cas rendu ces quelques jours d’entrainements vraiment agréables.

Il reste maintenant 3 jours avant le départ de la course, dimanche. Le but est de bien récupérer de ce petit bloc d’entraînement qui a été extrêmement bénéfique. Le reste de l’équipe, arrivé une semaine avant moi, est bien en forme et je pense que nous sommes en mesure de faire de belles choses. Mais cette course est tellement particulière qu’il faudra rester humble et ne pas s’enflammer les premiers jours… C’est en tout cas ce que j’ai prévu !

Prochains articles prévus :

  • vendredi, présentation de mon équipe Memil-CCN Pro Cycling 
  • samedi, présentation de la course
  • dimanche : compte-rendu de la 1ère étape 

Tour de Qinghai Lake

C’est parti pour 3 semaines d’aventure, à suivre régulièrement sur ce carnet de bord ! Je suis arrivé aujourd’hui à Xining, capitale de la province de Qinghai, immense région chinoise qui s’étend sur les hauteurs du plateau tibétain.

La province de Qinghai en rouge
La ville de Xining compte plus de 2 millions d’habitants, tandis que la province de Qinghai est faiblement peuplée.

Le voyage fut relativement rapide. J’ai quitté Stockholm vendredi en fin d’après-midi après les festivités de la fête nationale organisées par l’ambassade. Arrivé 2h15 en avance, j’ai même eu le temps d’aller piquer une tête dans un lac à côté de l’aéroport. Un vol direct pour Pékin, puis un second pour Xining. Un véritable vol domestique, rempli de chinois qui se raclent la gorge (et crachent) bruyamment, et avec du chien au menu !

Nous ne sommes pas dans la région autonome du Tibet, difficile d’accès (visa), mais les traditions culturelles tibétaines et mongoles, empires qui dominaient la région autrefois, imprègnent le Qinghai. Au fil du XXème siècle, la République populaire de Chine a gratté des territoires du plateau tibétain, englobant alors cette partie du Tibet dans la province de Qinghai.

Carte »culturel » du Tibet 

Le Tour de Qinghai Lake est une course par étape UCI 2.HC longue de 14 jours, du 22 juillet au 4 aout ! Surnommée le « 4ème Grand Tour », la course est surtout connue pour être extrêmement difficile et unique en son genre, par son parcours compris entre 2600m et 4000m d’altitude !

Mes 6 autres coéquipiers sont déjà sur place depuis une semaine et l’acclimation se passe bien. Je dispose pour ma part de 7 jours pour faire des globules rouges et tâcher d’aborder cette course exceptionnelle dans une bonne condition physique.

Flat and mountains…. #Repost @hannezon ・・・ In the back we find some sprinters

Une publication partagée par Memil – CCN Pro Cycling (@memilccnprocycling) le

Championnat de France professionnel

Je participais dimanche 1er juillet à mon 4ème championnat de France pro, et ce fut le malheureusement le premier que je n’ai pas pu achever.

Pris dans une violente chute avec 5-6 autres coureurs à la mi-course (125kms), je me relève vite et tente de repartir avant de constater qu’il ne reste plus grand chose sur mon vélo qui ne soit pas cassé…

Je m’en tire avec quelques égratignures et hématomes, et cela ne compromet heureusement pas ma participation à ma prochaine course, qui constitue certainement le plus gros challenge de ma carrière…

Cela faisait 1,5 ans et donc une multitudes de courses que je n’étais pas tombé… Malheuseument le parcours semi-urbain de Mantes-la-jolie, difficile et technique par endroits, a occasionné pas mal de chutes. La longueur de la course (250kms) et la chaleur (33°) ont contraint plus de la moitié des quelques 160-170 coureurs pros français au départ à l’abandon. Le solide Anthony Roux remporte brillamment la course et portera le maillot tricolore pendant 1 an. Classement