Tour du Maroc étapes 9 & 10

Étape 9 : Safi – El Jadida, 151 kms 
L’étape commencer par 30 kms à fond vent de côté, le peloton se morcelle, je me sens bien et épaule notre sprinteur J.Tipper en le protégeant du vent sur cette section difficile.
Nous tournons ensuite à gauche et roulerons plein Nord le reste de l’étape, avec un vent de face calmant les ardeurs du peloton. Nous tâchons de placer au mieux notre sprinteur, n’hésitant pas à prendre la tête du peloton par moments. Il prendra la 7ème place du sprint massif.
Étape 10 : El Jadida – Casablanca, 128 kms.
Nous restons vigilants et présents à l’avant alors que l’allure ne ralentit pas dans les 50 premiers kms, qui comportaient 2 sprints intermédiaires avec de précieuse secondes de bonifications. Je contre à l’issu de chaque sprint et pars à chaque fois pour quelques kilomètres d’échappée à 2 ou 3, mais le peloton ne se relève pas. A l’entrée du circuit final sur la corniche de Casa, à 30 kms de l’arrivée, nous prenons la tête du peloton.
Aucune équipe n’a tenté de concurrencer les italiens de Williers, la guerre ayant lieu à chaque fois derrière lui pour prendre sa roue. En adoptant cette tactique, nous garantissons au moins un final sans stress à notre sprinteur.
Nous maintenons une bonne allure et personne ne vient nous embêter jusqu’à 3 kms de l’arrivée où cela déboulede partout. L’italien Marezco est imbattable, mais notre sprinteur confirme son bon Tour en terminant 4ème. Il aura été le seul à battre Marezcko, en remportant la 6eme étape.

Je boucle mon 4ème Tour du Maroc consécutif. Cette course a encore tenu toutes ses promesses. Une alternance d’étape difficiles et d’autres plus contrôlés, idéales en début de printemps, et même en début de saison pour ma part. Les conditions météos sont globalement bonnes, les hôtels et la nourriture excellents, l’organisation bien rodée. Tout ça permet de bien récupérer et de ne pas finir épuisé mentalement et physiquement.

Comme prévu, j’ai élevé mon niveau jour après jour. J’ai répondu présent pour l’équipe qui amontré un des meilleurs collectifs après les italiens de Williers qui ont raflé la plupart des étapes, et les français de Vendée U qui ont maîtrisé le général.

J’étais à lavant sur l’étape que j’avais coché, une des rares où l’échappée pouvait aller au bout. Au delà du petit résultat personnel obtenu (5ème) – j’ai déjà obtenu presque toutes les places d’honneur possibles sur cette course en 2015 et 2016- je suis surtout content de la manière : une longue échappé avec des costauds sur un terrain venté et accidenté. Je n’ai pas de capteur de puissance mais je n’en ai pas besoin pour devniner que j’ai sans doute réalisé une de mes toutes meilleurs puissances moyennes sur 3-4h. Il m’a seulement manqué un poil de force pour accompagner un coureur de classe World Tour dans le final. Pas mal pour une première course et travaillant à plein temps depuis la fin de l’automne !

Ma saison est bien lancé, et je m’apprête à courir dans un nouveau pays, l’Angleterre ! A l’heure où j’écris ces lignes (vendredi matin), je suis dans l’avion pour Birmingham.
Je dispute dimanche une des plus grandes classiques britannique, la « Melton CiCLE Classic », et ses fameux chemins à travers les ferme.

Pas loin du compte !

Étape 7 : Taroudant-Agadir, la plus courte du Tour avec seulement 120kms. Après la longue et difficile étape de la veille, le peloton, emmené par les italiens de Williers, contrôle sans problème l’échappée. Il y a un peu de tension à cause du vent, et nous restons groupés à l’avant. Dans le final, nous effectuons un bon travail pour notre sprinteur Jacob Tipper qui est idéalement positionné mais est victime d’une crevaison à l’amorce du sprint ! Dommage car il était en confiance, après avoir battu l’ogre Marezcko, qui s’est rattrapé en gagnant une 4eme étape.

Étape 8 : Agadir-Essaouira, 170 kms vallonnés et exposé au vent. Une étape pour baroudeur et sans doute la dernière chance pour des changements au général, avec des cols de 1ère et 3ème categorie à franchir. C’était une étape que j’avais coché, une des seuls où j’ai carte blanche, aidant notre sprinteur sur toutes les autres étapes. C’est le rôle auquel j’aspire cette saison, rouler pour les 2 nouveaux excellents sprinteurs de l’équipe (l’anglais Jacob Tipper et le néerlandais Roy Eefting), et avoir carte blanche sur les courses non promises à un sprint massif.

Motivé, j’accompagne des le départ pas mal de coups, avant de me calmer, alors que nous progressons vent de face sur une large route.

Je sais qu’après une trentaine de kms la route se rétrécit et le vent devient davantage de côté, beaucoup plus propice à une échappée, que tout le monde convoîte aujourd’hui.

Et bingo ! Je fais quelques efforts au moment voulu et nous partons à 4 pour un long rallye en tête de course. J’ai de bonnes sensations et l’échappée est forte et homogène, avec le slovaque P.Tybor, 2ème du général en 2016, l’italien M.Coledan, solide gaillard qui portait les couleurs de l’équipe World Tour Trek-Segafredo ces derniers années avant de rejoindre Williers, et un hongrois que je ne connais pas, mais qui s’avère être un bon rouleur.

Nous maintenons une bonne allure malgré le vent de face qui ralentira notre progression toute l’étape. Notre avance tourne autour de 4 minutes avant de baisser rapidement suite au dernier col à 40kms de l’arrivée, où les attaques secouent le peloton.

Nous n’avons qu’1’30 d’avance à 25 kms de l’arrivée, ce qui semble insuffisant sur de longues lignes droites vent de face, face à un peloton lancé à nos trousses. Mais nous en avons encore sous la pédale et je suis impressionné par le rythme que nous arrivons à maintenir.

Nous conservons encore minute d’avance à environ 5 kms de l’arrivée, mais à 3kms de l’arrivée, M.Coledan nous surprend et lance une attaque monstrueuse. Je réagis une seconde trop tard et ne peut prendre son aspiration. Après un sprint d’au moins 500 mètre, je viens mourir à 10 mètre de sa roue, mais il ne ralentit pas ! J’explose et doit me résoudre à attendre mes deux compagnons d’échappée, qui sont aussi cuits que moi. Après avoir été en parfaite synergie toute l’étape nous tergiversons dans les deux derniers kms vent de face, et le peloton est sur nos talons. Nous devons lancer le sprint de loin, j’entrevois la deuxième place jusqu’à 20 mètre de la ligne mais les 3 premiers sprinteurs du peloton me passent d’un souffle sur la ligne. Je termine 5ème et notre sprinteur Jacob Tipper est 4ème.

Victoire d’équipe au Maroc !

Étape 4 : c’était l’étape reine, 200 kms entre Marrakech et Ourzazate via le col Tichka, à près de 2500m d’altitude dans les montagnes de l’Atlas. J’avais terminé 15ème de cette même étape en 2016, et la connaissance du parcours m’a beaucoup aidé. Je savais notamment qu’après le col, franchi à mi-parcours, nous bacsulerons dans le désert avec un fort vent de dos jusqu’à l’arrivée. Me sachant pas assez en forme pour suivre les tous meilleurs dans la montagne, je mets tous mes oeufs dans le même panier et m’emploie à prendre l’échappée. Mais l’allure ne faiblit jamais et aucune échappée significative ne se forme avant les montagnes.

J’ai déjà brûlé pas mal de cartouche et tâche de gèrer le reste de l’étape au mieux, finissant dans un 3ème groupe aux alentours de la 30eme place. Victoire d’A.Vermeulen, un coureur World Tour ces dernières années.

Étape 5 : 160kms dans le désert, entre Ouarzazate et Zagora. Mon coéquipier Ben prends l’échappée qui paraît un temps prendre le large avant que l’équipe de la Republique Dominicaine d’un certain Mancebo, qui était dans les top 5-10 du Tour de France durant les années Armstrong, commence à attaquer à tout va.

Avec le vent, cela provoque beaucoup de nervosité et une grosse chute intervient où nous perdons notre sprinteur Jacob Tipper. Il repartira sans mal mais ne pourra pas rejoindre le peloton, réglé par l’italien Marezcko. 

Etape 6 : un peu plus de 200kms entre Tazenakht et Taroudant avec un vent de 3/4 face. La course est décousue, notamment du fait de Mancebo et son équipe, dont la force n’a pas de limite…

À la mi-course environ, un groupe d’une quinzaine de coureurs s’échappent avec des hommes forts placés au général. Ils s’entendent bien et sont en passe de plier la course. Nous réagissons vite et roulons avec une autre équipe piégée, Baku, puis avec le maillot jaune en personne que j’ai dû aller convaincre de nous aider si il ne veut pas tout perdre. Un gros bras de fer s’engage, nous sommes 6-7 à nous relayer contre 15. Nous stabilisons l’écart en dessous de la minute avant de grignoter seconde par seconde. Tout le monde est à fond, cela se jouera au groupe qui craquera en premier. Le maillot jaune a finalement bien compris le danger et passe de gros relais, et nous revenons finalement après une grosse poursuite. Et là, notre leader/sprinteur pour qui nous roulons sur ce tour prend ses responsabilités et s’infiltre dans une nouvelle échappée qui se forme presque aussitôt, à 40kms de l’arrivée. C’était particulièrement bien vu car après une tel poursuite tout le monde a besoin de souffler, et l’échappée prend vite jusqu’à 4 minutes d’avance. 

Problème, dans l’échappée figure le triple vainqueur d’étape Marezcko flanqué d’un solide coéquipier, M. Coledan. Mais ces deux coureurs, habitués aux joutes World Tour, n’ont probablement pas pris la peine de se renseigner sur mon coéquipier Jacob Tipper, excellent pistard, et qui a donc une chance de battre Marezcko dans un sprint d’homme à homme. On a donc d’un côté deux italiens faisant peut-être preuve d’un peu de suffisance, de l’autre Jacob Tipper qui croit en ses chances de s’offrir un des meilleurs sprinteurs mondiaux.

Résultat : notre coéquipier Jacob Tipper GAGNE l’étape ! Et récompense ainsi formidablement notre beau travail d’équipe sur cette étape, où nous avons tout donné pour renverser la situation en notre faveur ! Notre Tour du Maroc est déjà réussi et notre saison, dans la lignée fin bon Tour de Taïwan, parfaitement lancée !


Tour du Maroc

Étape 1 : Contrôlée de bout en bout par l’équipe Williers Triestina, qui a amené sa meilleure  équipe pour préparer le Tour d’Italie. Un certain Pozzato abat un gros travail. Nous restons placés et protégeons notre sprinteur qui vient prendre une bonne 6ème place. Victoire sans contestation de l’italien Mareczko.
Tour cycliste du Maroc 2018 : L’Italien Jakub Mareczko remporte la première étape

Étape 2 : Première étape de montagne, un groupe de costauds s’échappe dans le plus long col, Willier prend les choses en main. Mais les italiens se cognent contre le vent de face et sont finalement incapables de boucher le trou sur les 15 fuyards. Je termine dans le peloton, qui se relève dans le final. Victoire et maillot jaune pour le jeune français L.Pijourlet.

Étape 3 : 195 kms tout plat pour un sprint massif inévitable. Dans les 25 derniers kms, je roule pour placer mon équipe en tête côte à côte avec Williers qui mène la chasse, avant de l’écarter à 4kms du but. Les ultimes kms sont un peu fou et mes coéquipiers perdent notre sprinteur, qui termine 12ème.

Au départ de la 3eme étape Beni Mellal – Marrakech
Présentation :
Enfin ! Il est temps de commencer la saison. Je n’ai jamais repris aussi tardivement, alors que la plupart des coureurs accrochent leur premier dossard en février. Mais j’ai travaillé non-stop tout l’hiver, économisant mes jours de congé pour les courses.
L’hiver a été long, j’ai à peine eu le temps de sortir le vélo de route fin mars avant de venir au départ de mon 4ème Tour du Maroc. Les mois de février et mars ont été froid avec pas mal de neige et de glace, m’obligeant à rouler sur mon vélo de cyclo cross en pneu clou, à une allure « endurance ».
J’ai continué à diversifier les activités, course à pied, ski de fond, et il était possible de faire du patin sur les lacs gelés jusqu’au week end de Pâques !
Avec 10-15 heures en moyenne d’entraînement par semaine durant l’hiver, je pense avoir progressivement atteint un niveau de base correct. Mais je n’ai pas vraiment pu travailler avec des intensités et de la vitesse sur la route, donc je m’attends à des premières étapes difficiles.
Première sorties sur le vélo de route lors du week-end de Pâques
Je suis avant tout là pour reprendre le rythme et aider l’équipe. Nous pouvons compter sur notre sprinteur britannique qui a déjà fait ses preuves cette saison, Jacob Tipper, 4ème de la dernière étape du Tour de Taiwan face à de nombreuses bonnes équipes pros. Notre but est donc de chasser les étapes, mais l’Australien Sam Volkers et l’anglais Ben Heterington peuvent espérer quelque chose au général également. Nous avions remporté une étape l’an passé grâce à Ben et nous espérons faire aussi bien, face à une belle adversité.
Notre sprinteur J.Tipper avait pris une belle 4ème place à Taïwan
Ces 10 jours de course sont surtout l’occasion de prendre de la caisse et de souder le collectif.

Nouveau sponsor et entraînement hivernal

Présentation du sponsor casque et lunettes de mon équipe continentale finlandaise Memil-CCN, la marque scandinave Bliz ! Nous serons équipés d’un nouveau modèle de lunettes, les « Matrix » et des casques defender et elevate (aéro).

Sinon, l’entraînement suit son cour dans le froid suédois. Je suis motivé : réveil à 6h ce matin pour aller au boulot en vélo, 2h30 pour rallier Stockholm, par -10° ! Près de 70 kms séparent ma porte de celle del’ambassade. Je ne l’ai que rarement fait jusqu’à maintenant, mais mon but est de commencer à le faire une fois par semaine, par exemple venir en vélo le mardi, et rentrer le jeudi soir.

Mon nouveau rythme d’entrainement ces dernières semaines consistait en 2 sorties de vélo le week-end, et la semaine : 2 à 3 footings les midis et environ 2 x 45’de home-trainer les soirs, pour un total de 10 à 12h d’entraînement. Loin des cyclistes « à temps plein » qui tournent à 20-30h hebdomadaire, mais je sens que la forme progresse. Ma reprise des courses est volontairement tardive, donc j’ai le temps de voir venir.