Gp de Guadiana UCI 2.2

Deux étapes exigeantes avec des portugais qui montent les bosses comme des avions, pas de résultats entre manque de réussite et malchance, mais assurément un solide week-end de course !

Deux belles occasions perdues dans des immenses « cuvettes » 

Dans le jargon cycliste, une « cuvette » est un enchaînement d´une descente rapide, littéralement dans un « trou », avant une sèche remontée plus ou moins longue… les premiers coureurs du peloton ont la chance de pouvoir monter le début de la remontée grâce à l´élan acquis dans la descente, mais plus on est loin dans le peloton, moins on a de vitesse au pied … et plus il est dur de raccrocher le wagons.

Sur ces deux étapes vallonnés de la Vuelta do Guadiana (le Gudiana est le fleuve faisant la frontière avec l´Espagne), deux scénarios assez similaires se sont produit, avec une cinquantaine de coureurs se disputant les honneurs après s´être détachés dans une profonde cuvette. Deux moments clés de la course où il fallait absolument être placé pour espérer quelque chose, au moins dans la première moitié d´un peloton fort de 160 unités.

Sur la première étape, je me fais trahir par le profil de l´étape : le road book indiquait un GPM au km 108, avant une longue redescente vers la côte. Je franchis sans trop d´encombre ce GPM qui marque la fin d´une succession d´ascensions à vive allure, et me laisse glisser à l´arrière pour aller chercher des bidons. Je constate au passage que le peloton a perdu presque la moitié de son effectif. Nous entamons une descente raide, le peloton s´étire énormément… je lève la tête et vois un « mur » de route… c´est une nouvelle cuvette, gigantesque, et non répertorié par le road-book. J´entame la montée dernier du peloton, alors qu´une grappe d´une cinquantaine de coureurs se détache, beaucoup, beaucoup plus haut que moi … je comprend vite que c´est quasiment impossible de revenir, il faut que monte cette bosse de 2 kms une minute plus vite que l´avant-garde du peloton ! J´ai de bonnes jambes et déborde une trentaine de coureurs, mais impossible de revenir… Je finis donc un second peloton d´une soixantaine de coureurs, qui se regroupe en fin d´étape. Frustrant !

Je suis revanchard sur la seconde étape, et me mêle à la bagarre pour prendre l´échappée. Le Team Ecuador du maillot jaune Jordi Simon (double vainqueur d´étapes au Tour des Pays de Savoie l´an passé) ne laisse aucun bon de sortie : ils roulent sur toutes les échappées. Je crois un moment avoir pourtant intégrer la bonne échappée, lorsque nous avons une trentaine de seconde d´avance pendant quelques kilomètres … mais le peloton revient encore, alors que je suis victime d´une crevaison. Je me retrouve dans la file des Directeurs sportifs, me démenant pour revenir sur le peloton : je sais que je suis en sursis, car le principal GPM de l´étape, dont le pied est dans une cuvette, est dans 5 kms … Le peloton ne ralentis pas, je ne suis pas aidé par les DS de la plupart des équipes, et dans la descente précédent le GPM j´assiste à l´implosion du peloton, en face de moi, dans la montée … Comme la veille, je fais une ascension honorable en doublant beaucoup de coureurs, mais ne peut revenir sur les cinquante premiers qui iront se disputer l´étape au sprint …

Rageant, car comme la veille, j´avais un niveau physique suffisant pour arriver dans ce premier peloton… je passe donc à côté de mon week-end en terme de résultat. Mais il n´aura pas été perdu pour autant : je ponctue un séjour portugais chargé en kilomètres, soleil et dénivelés par deux étapes de 160kms bien vallonnées, et riche en intensités. Il faut passer par là en début de saison – finir correctement toutes les courses – pour espérer jouer les premiers rôles au printemps !

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