Astana Expo International Critérium

J’étais à Astana au Kazakhstan le week-end dernier pour disputer un critérium UCI, en présence d’environs 70 pros venus du monde entier. Cette course avait lieu dans le cadre d’une gigantesque exposition internationale organisé par la ville d’Astana.

Vue sur Astana depuis notre hôtel

Les organisateurs ont sorti le carnet de chèque pour faire venir quelques stars du peloton, à commencer par le dernier vainqueur du Tour de France Chris Froome. Le 4ème (M.Landa) et le 5ème (F.Aru) du dernier Tour étaient également au départ. La flopée d’équipes de moindre envergure, de 2ème et 3ème division, promettait une course décousue, qui n’avait rien d’un traditionnel critérium d’après tour.

Nous étions 3 coureurs de l’équipe au départ, avec Yannick et Ben. Ce dernier a fait le show dans les derniers tours en tentant une échappée solitaire, avant de se faire contrer par Chris Froome …
Départ imminent
4 coureurs du Team Sky étaient au départ

La course était retransmise en direct sur Eurosport, ce qui offrait une belle publicité pour les plus petites équipes comme la notre. Comme prévu, des attaques incessantes animent la course, qui se dispute à 49,5 km/h de moyenne ! Les Froome, Aru et cie ne font pas semblant et y vont de leurs attaques. Ca fait drôle de faire la course avec eux après les avoir vu à la télé durant le mois de juillet. Je suis notamment impressionné par Froome, qui ne se cache pas, et bataille comme les autres pour rester bien positionné, et se montre même plutôt agressif dans les virages. Plutôt risqué à une semaine de la Vuelta, mais en tout cas il a fait la course !

Une belle course hyper rapide, avec des stars qui ont envoyé du gros !

Dernier virage avant l’arrivée, à côté de Fabio Aru

Le sprint est inévitable mais je ne parviens pas à entamer le dernier tour dans les premières positions, et termine 25ème d’une course remportée par le britannique Ed Clancy, triple champion olympique de poursuite par équipe. Cela restera une super expérience, car au delà de la course, nous avons aussi eu le temps de prendre la température de ce pays bien particulier…

Nous avons pu côtoyer quelques stars du peloton pendant ce séjour
Et la légende du vélo Kazakh, A.Vinokourov

Kalmar UCI 1.2

3 courses au programme le week-end dernier.

Vendredi soir se déroulait le plus beau critérium suédois, dans la ville médiévale de Kalmar au sud-est de la Suède. La moitié du circuit est composé pavés, dont une section particulièrement mauvaise. Chaque année, outre une prime de 30 000 couronnes, le vainqueur voit son nom gravé sur un pavé encastré sur la ligne d’arrivée dans la rue principale. Cette année, les organisateurs prolongent même la fête avec une course inscrite au calendrier UCI Europe Tour le samedi. Il n’en faut pas plus pour attirer un beau plateau de coureurs sur-motivés, avec les équipes continentales danoises et norvégiennes au départ.

Je retrouve mon équipe UCI Memil Pro Cycling pour l’occasion, avec notamment un Ben Heterington bien en forme qui a termine 5éme des championnats du Royaume-Uni de contre-la-montre U23. Ayant pour objectif la course UCI du samedi, je reste prudent durant le critérium, m’en servant comme un bon déblocage. Je regarde le sprint final sauvage depuis l’arrière du peloton, et par miracle aucune chute ne survient. Les danois, qui constituent la majeure du peloton, compensent leur immense agressivité sur le vélo par une habilité remarquable. Les norvégiens ont quant à eux la réputation (avérée) de finir toujours par terre.

La course UCI de samedi se déroule sur un circuit urbain de 15 kms, avec 190 kms au total. Certaines parties sont cependant exposées au vent, ce qui va rendre la course particulièrement intense. J’arrive à me replacer au premier passage sur la ligne et attaque aussitôt, avec le secteur pavé. Quelques coureurs me relaient et nous sortons sur la portion vent de côté avec quelques longueurs d’avancent. On roule à fond et faisons le trou. Un petit groupe nous rattrape, nous voilà 16 dans l’échappée du jour. Les forces sont équilibrées et toutes les équipes pros sont représentées, avec notamment 3 coureurs norvégiens du Team Joker, une des toutes meilleures équipes continentales d’Europe. L’allure est élevée, les portions vents de côtés obligent tout le monde à tourner.

Longtemps, nous comptons 2-3 minutes d’avances et tout semble indiquer que nous allons nous disputer la victoire. Mais le peloton n’abdique et revient à 1 minute à 30 kms de l’arrivée. Cette barre fatidique de la minute désorganise notre groupe et les attaques commencent trop tôt pour avoir une chance de résister au peloton. Attaque après attaque, notre groupe explose, un duo se détache, et je pars en contre avec un autre coureur, alors que le peloton a rattrapé le reste de l’échappée.

A l’entame du dernier tour, nous comptons 20 secondes de retard sur la tête et 30 secondes d’avance sur le peloton. Nous sommes finalement tous repris à 5kms de l’arrivée, après avoir la route pendant 165 kms à 44km/h de moyenne… Le peloton est cependant décimé (25 coureurs), et j’arrive à accrocher une 15ème place en suivant les roues au sprint.

Content de ma course, même si je suis passé tout près d’un bien meilleur résultat. Cela fais pas mal de courses cette saison que je réalise en échappée, et je prends beaucoup de plaisir comme ca, même si les résultats ne suivent pas toujours.

Bien cuit de cette course qui s’est achevé à 20h30, je décide quand même de prendre le départ le lendemain matin d’une jolie course en ligne de 130 kms, à Norrtälje, au nord de Stockholm. Je remporte le premier sprint intermédiaire en haut d’une bosse, mais ne suis pas assez frais pour accompagner tous les coups. Une échappée de 2 coureurs s’en va se disputer la victoire. Lorsque les jambes se débloquent enfin après une centaine de kms, j’arrive à embrayer et pars seul dans les 20 derniers kms pour chercher la 3ème place. Un beau week-end de vélo !

Prochaine course samedi prochain à Astana au Kazakhstan où sont annoncés Froome, Aru, Quintana …

Coupe de Suède/Danemark

J’ai couru le week-end dernier deux manches de l' »Öresund Cup », qui rassemble les meilleurs coureurs danois et suédois, dans une série de courses se déroulant de chaque côté du pont de l’Öresund reliant le Danemark à la Suède.

Le samedi 22 juillet avait lieu « Ringenlöppet » dans la région de Malmö, course faisant aussi partie de la Coupe de Suède. La densité de bons coureurs est cependant beaucoup plus importante au Danemark, pays qui compte de nombreux pros répartis dans 5 équipes continentales. Sur ces courses assez plates, exposées au vent, les collectifs danois rodés aux bordures font vraiment la différence. Désormais habitué à ce genre de course, j’essaye d’anticiper les coups de bordures en me plaçant le plus près possible de la tête de peloton. Les danois s’en donnent à coeur joie, et font exploser le peloton dans les 30 premiers kms.

L’équipe Riwal à la barre

Les bordures font la sélection. Nous sommes d’abord 25 en tête, puis une douzaine. Moment critique pour moi, car notamment entouré de 3 coureurs de Riwal, 3 Giant Castelli, 3 Coloquick-Cult. Je sais qu’il ne faut pas rater l’ultime l’échappée et multiplie les efforts.

Attaque sur attaque !

Cela paye puisque je m’échappe avec un coureur de chacune de ces équipes. J.Aaen (Riwal) ne veut pas rouler, prétextant que les deux autres danois sont plus rapides que lui … un peu gonflé venant d’un coureur ayant remporté de nombreuses courses UCI et ayant passé 4 ans en World Tour chez Saxo-Bank…

Je passe de bons relais, la situation étant malgré tout la meilleure possible pour ma part, accompagné d’un coureur de chacune des équipes majeures. Je le paye dans un sprint ultra rapide vent de dos, et termine 3ème.

 

Un sprint à 68km/h !

Une course rapide (44,6 km/h de moyenne) et difficile. Bien en jambes, je me suis vraiment bien défendu face aux puissantes équipes danoises. Je me replace au général de la Coupe de Suède (3ème), et au classement des sprints (2ème), avant la dernière manche qui aura lieu fin août.

Podium, entouré de pros danois

J’enchaînais le lendemain avec une course similaire, « Trampenlinjet », 145 kms, exposé au vent, et un beau peloton de danois et suédois. Le scénario est semblable à la veille, avec les équipes danoises lançant des coups de bordures, réduisant le peloton à 25, puis une douzaine.

Comme la veille, je me retrouve alors isolé face à 3 équipes en surnombre, Giant-Castelli, Riwal et Coloquick-Cult. J’espérais qu’ils déclenchent la bagarre finale plus tard, et que l’on continue à tourner à 10, mais ils ne peuvent pas s’empêcher d’attaquer et nous partons à 5 à la mi-course. Je comprend alors qu’il va être dur de résister, il faut que nous roulions à 44-45 de moyenne pendant 70kms pour résister au peloton.

Certains de mes compagnons d’échappées comptent leur coup de pédales, sachant qu’ils ont des coéquipier frais pour prendre le relai en cas de regroupement. Je n’ai pas d’autre choix que de prendre 1 relai sur 3 dans notre échappée de 5, et laisse pas mal de forces. L’avant-garde du peloton revient à 25 kms de l’arrivée, et un groupe ressort aussitôt. Je fais de l’effort et accroche cette nouvelle échappée, avec des nouveaux coureurs mais toujours issus des mêmes équipes danoises. Je pense alors vraiment que c’est la bonne, nous comptons presque une minute d’avance à 10kms de l’arrivée. Je me donne à fond, sachant que je ne peux de toute facon pas gagner le sprint face à des coureurs plus frais, mais si nous résistons je m’assure de revêtir le maillot de leader de l’Öresund Cup. Un jolie paletot avec une moitié de drapeau suédois, une autre du drapeau danois, et le pont de l’Öresund faisant la jonction.

Mais comme la veille, une pointure de l’échappée ne veut pas passer, cette fois-ci Rasmus Quaade (Giant-Castelli), médaillé olympique en poursuite par équipe aux derniers JO. C’est compréhensible, il sait qu’il n’est pas le plus rapide de l’échappée et seul la gagne compte pour son équipe. Mais cela condamne notre échappée, rattrapée à 2kms de l’arrivée par un petit groupe, et je termine à l’arrachée, 10ème.

Encore une fois toute la course échappée, avec différents coureurs. Tactique offensive qui a presque fonctionné, je suis passé tout proche de ce jolie de maillot de leader, me heurtant finalement au surnombre des équipes danoises. Celles-ci font partie des meilleures équipes continentales, occupant par exemple la majeure partie des top 20 des courses UCI francaises auxquelles elles participent.

U6 Cykel Tour

J’ai participé la semaine dernière à la plus grande course par étape suédoise, le U6 Cykel Tour à Tidaholm.
Disputé sur 6 jours/ 6 étapes, cette course attire chaque année de nombreuses équipes étrangères (Norvège, Finlande, Danemark, Allemagne, Pays-Bas). Toutes les catégories ont leur course, et c’est notamment une épreuve de référence chez les jeunes.

Je suis arrivé dans une condition incertaine, après avoir dû observer 3 jours de repos complet suite à mon voyage vélo où une petite douleur au genou était survenu. J’ai donc effectué le prologue en dedans, sachant de toute facon que je ne courrais pas pour le général, ne pouvant pas disputer le chrono le dernier jour. Le « U6 » se transformait donc pour moi en U4 !

La première étape est roulante mais un secteur gravier corse le circuit. Je reste prudemment en queue de peloton les 50 premiers kms. Le genou tient le coup, je peux lâcher les chevaux ! J’ai eu la chance durant ma carrière de ne jamais avoir eu de blessures style tendinite, qui sont pourtant fréquentes. J’ai pourtant bien « tapé dedans » lors de mon voyage, sans conséquence finalement.

Je fais le reste de la course à l’avant, dans diverses échappées. Repris à moins de 10kms de l’arrivée après avoir beaucoup donné, je replace mes coéquipiers de Stockholm CK avant de finir tranquillement en queue de le peloton. Après 2 semaines sans aucune intensité, me voilà remis dans le bain avec cette étape de 150kms à 44,5 km/h de moyenne.

La seconde étape me convient bien, j’avais terminé 2ème l’an passé. Elle est longue (188kms) et l’arrivée est en bosse. Petite frayeur en début de courses dans une descente lorsque je dois faire un tour droit dans un champ, après avoir été percuté par un costaud norvégien. J’arrive miraculeusement à rester sur mon vélo, dans une action très similaire à celle-ci …

Le reste de la course se déroule sans accroc, des échappées se font et se défont, et nous sommes finalement une grosse vingtaine pour la gagne à l’entame de la dernière boucle de 30kms. Avec 2 sprinteurs a priori plus rapide que moi dans le groupe, un allemand vainqueur la veille et le meilleure sprinteur suédois L.Bengtsson (Tre Berg), je tente le tour pour le tout en tentant de me détacher. Je suis dans tous les coups, mais le groupe se reforme à chaque fois. Jusqu’à que le nouveau champion de Suède Kim Magnusson (Tre BErg), fils de Glenn Magnusson (double vainqueur d’étapes sur le Giro et mon DS en 2014) ne fasse le trou dans les derniers kilomètres. Je ne bouge pas, plusieurs équipes ayant 3-4 coureurs dans le groupe. Mais notre groupe est désorganisé, et nous sprintons pour la seconde place. Comme prévu, les deux meilleurs sprinteurs me devancent et je termine 4ème.

La 3ème étape est un critérium long de 55kms. Une chute massive survient au 1er tour, et la course est neutralisée, puis raccourcie. Bien refroidi, je termine prudemment dans le peloton.

La 4ème étape (130kms) est relativement vallonée, et les échappées ont pour habitude ici de résister au peloton. Actif d’entrée, je prends le 1er coup, qui est repris au pied de la bosse principale. J’ai de bonnes jambes, et accompagne directement l’échappée suivante qui est la bonne. Nous sommes 8, mais deux coureurs ne passent pas et un va sauter rapidement.
L’écart n’excédera jamais 1’30. Nous devons vraiment nous employer dans les 25 derniers kms pour résister au peloton qui revient à 30 secondes. Nous sommes 5 à bien tourner, avec toujours deux coureurs sur le porte-bagage qui avancent de drôles d’excuses pour ne pas rouler … Nous parvenons quand même à nous disputer la gagne 20 secondes devant le peloton, et un norvégien me souffle la victoire dans les derniers mètres. Il n’avait quasiment pas collaboré dans l’échappée et s’est même excusé après l’étape … Il va de plus remporter le classement général final devant A.Wetterhall…

Passablement énervé sur le coup, je retiens quand même des bons points de cette semaine, où je me suis fais plaisir sur le vélo.
La coupure d’une semaine après les Frances puis cette belle semaine de vélo dans le grand Nord s’est avérée être une bonne formule pour attaquer cette seconde partie de saison du bon pied !

Voyage en Arctique (3/3)

Notre voyage s’est très bien passé, les itinéraires et étapes étaient bien choisis. Nous avons pris notre temps, rouler de longues distances à allure modérée n’est pas épuisant, et nous avons vraiment pu profiter des paysages.


Par contre, la moindre source d’inconfort peut s’avérer très pénible, il faut donc avoir un équipement adapté et un vélo sur lequel on se sent bien. La prochaine fois, je m’équiperai d’un sac sous la selle plutôt que d’un sac à dos. Si celui-ci n’est pas inconfortable en lui-même, il alourdi le haut du corps de 5 kgs, et j’en ai ressenti les effets avec des gênes à la selle et aux genoux. Il vaut mieux placer ce poids supplémentaire sur le vélo, pour ne pas surcharger les points d’appui du corps sur le vélo.
Nous avons été plutôt chanceux côté météo, dans une région où la pluie est la norme. Il a réellement plu que durant notre deuxième étape.

Le seul imprévu est intervenu le dernier jour. Nous avions prévu de faire seulement 25kms pour rejoindre un bus pour Kiruna, afin d’être dans les temps pour prendre notre avion qui décollait l’après-midi. Nous avions en plus déjà fait cette route (Kiruna–>Narvik, 160kms) le 1er jour.


Arrivé 20 minutes en avance, nous nous changeons et attendons le bus tranquillement … bus qui ne passera jamais … Il a fallu improviser pour ne pas avoir comme seul choix d’être ruiné par une longue course de taxi. Enfin, pas vraiment improviser mais plutôt prendre un risque, puisque nous savions qu’il y avait un train qui effectuait cette route, mais nous savions également que ces trains interdisent strictement les vélos à bord…
La gare de Rombak se trouve à 15kms, et nous avons un peu plus d’une heure pour y parvenir avant le passage du train. Tranquille. Nous nous lançons donc, en basket, avant de nous rendre compte qu’aucune route ne mène à cette mystérieuse gare ! Nous nous embarquons sur un chemin forestier, qui grimpe dans la montagne à plus de 10% sur plusieurs kilomètres… le temps file, et nous devons monter à bloc pour avoir une chance d’attraper le train. Après un rally sur des chemins et sentiers, en basket sur un vélo de route, nous arrivons 2 minutes avant le passage du train…
La porte s’ouvre, un contrôleur surgit face à nous et s’exclame directement « Pas de vélo à bord ! » Nous tentons d’expliquer la situation, mais il se montre inflexible. Le train va partir. Je force le passage et monte dans le train en disant au contrôleur « laissez nous monter, on discutera après ». Le train est vide. Devant l’absurdité de la situation, le contrôleur suédois retrouve soudain du bon sens, oubliant la règle (qui dicte le comportement des suédois …), et disparait. Il s’en ai fallu de peu pour que l’on reste à quai, perdu dans la pampa, avec aucune chance d’attraper notre avion !

La gare de Rombak,perdue dans la montagne. Aucune route n’y mène, et apparemment cet arrêt n’est utile qu’à quelques randonneurs …

Notre dernière sortie jusqu’à l’arrêt de bus, avant de devoir grimper jusqu’à la gare … il nous aura fallu une heure pour faire ces 15 kms supplémentaires …