Du Maroc au froid finlandais

Transition difficile, entre le soleil marocain et le froid persistant en Scandinavie. J’ai couru les 22 et 23 avril à Turku (Åbo en suèdois) en Finlande, avec mon nouveau club, Stockholm CK. Un déplacement pas désagréable ou fatiguant, puisqu’il s’agit simplement d’embarquer dans le bateau-hôtel le vendredi soir à Stockholm, pour arriver tranquillement le samedi matin de l’autre côté de la Baltique.

Samedi se déroulait un critérium dans le centre ville de la 6ème ville de Finlande, sous une pluie-neige-grêle glaciale. Entre le froid et les chutes dû au circuit technique avec des passages sur des pistes cyclables, l’épreuve est une véritable course par élimination. Je suis très prudent, et évite plusieurs coureurs qui partent à la faute. Repoussé ainsi plusieurs fois de l’avant de la course, je termine 29ème.

La course de dimanche, 1ère manche de la Coupe de Finlande, devait davantage me convenir, avec un circuit comprenant une petite bosse. Il fait 4 degrés, mais heureusement pas de pluie.

Les sensations sont mauvaises, entre le froid et à l’évidence une récupération incomplète du Tour du Maroc. Je ne renonce pas, lis bien la course pour faire l’effort au bon moment, revenant seul sur l’échappée à 10 kms de l’arrivée. Nous sommes une douzaine à sprinter pour la victoire. Je ne peux faire mieux que 4ème, devant garder les mains sur les leviers de vitesse, à cause de mon doigt qui m’empêche toujours de serrer le bas du guidon. Une équipe russe réalise un jolie coup, en terminant 1er et 3ème. 

Tour du Maroc, étapes 8,9 et 10

La 8ème étape constituait la dernière étape de montagne de ce tour du Maroc. Nous montions en effet à 1600m d’altitude, entre les villes de Fès et de Marrakech. Des routes traditionnels de l’épreuve, que j’avais emprunté en 2015 et 2016. Une connaissance du terrain qui m’a beaucoup aidé, alors que l’étape part sur les chapeaux de roue.

Nous montons le premier col plein fer (10 kms à 5,2 %), alors que les premiers du générales s’attaquent. Je bascule dans la douleur, mais preuve que ma condition s’est déjà amélioré, je suis dans le premier groupe réduit à une trentaine de coureurs. Le vent de face sur le plateau et la descente sur Meknès rend la fin d’étape plus facile, et je termine cette étape sans encombre dans le peloton. L’échappée résiste au peloton, la victoire revenant au lituanien Siskevicius.


La 9ème étape se déroulait entre Meknès et Rabat. Nous tentons à tour de rôle d’aller dans l’échappée du jour, sans succès. A 44,5km/h de moyenne, le peloton ne laisse de toute facon aucune chance à l’échappée et l’américain L.Keough (United Healthcare) remporte l’étape au sprint massif. J’ai encore de la ressource dans le final, mais reste sagement en retrait de ce sprint houleux.


L’ultime étape reliait la capitale politique Rabat à la capitale économique Casablanca. Tout le monde espère une parade jusqu’au circuit final sur la corniche de Casablanca, mais nous ne sommes pas au Tour de France, il y a beaucoup plus de bagarre et d’action ici ! Les attaques fusent dès le départ, et j’arrive à m’échapper avec 2 autres coureurs. Nous roulons à 50km/h pendant 10kms, mais cela ne suffit pas, le peloton revient et les attaques continuent. Par la suite, le léger vent de côté suffira à casser le peloton, sous l’impulsions des marocains qui marchent très fort, et des américains.

Nous sommes à bloc jusqu’à l’entrée du circuit final, où le peloton se regroupe. Le jeune marocain Galdoune prend cette fois-ci le dessus sur le train américain et remporte l’étape et le maillot vert de meilleur sprinteur. Le marocain Anass Ait-El-Abdia triomphe au classement général, et va enchaîner avec le Tour de Romandie avec sa formation World Tour UAE Team Emirates.



Collectivement, notre objectif est rempli avec une victoire étape. Nous sommes très content pour Ben qui a su tirer profit de sa force et de son audace. Ces 1538 kms de course ont soudé l’équipe, accompagnée par un excellent staff, et nous apporte une bonne base pour la suite de la saison.

De g à d., notre mécano irlandais Peter, anglais Ben, hollandais Yannick, DS irlandais Sean, finlandais Hiski, moi et Leighton notre kiné australien !
Mon coéquipier Ben, vainqueur de la 5ème étape

Personnellement, je tire finalement un bilan positif, ayant pu me remettre doucement mais surement de ma lourde chute lors de la 1ère étape. Ce ne fut pas une partie de plaisir, j’ai beaucoup souffert et subi la course, mais il faut passer par là avant de pouvoir refaire des résultats. J’ai vu sur la fin de course que j’étais capable d’aller dans les échappées et tenir le rythme dans les bosses, mais encore trop crispé pour aller frotter au sprint. J’espère avoir eu ma dose de malchance pour cette saison.

Je reviendrai bientôt sur mon calendrier de course jusqu’au championnat de France pro, qui aura lieu à St Omer le 25 juin.

Tour du Maroc, étapes 5, 6 et 7

Après 4 étapes vraiment intenses, tout le monde semble bien entamé, et on a eu droit à 3 journées relativement calmes.

Mardi, sur la 5ème étape entre Al-Hoceima et Nador, le peloton mené par les marocains ont laissé du champ à 6 échappées. Parmi eux, mon coéquipier britannique Ben, déjà échappée la veille. Malgré 5 minutes d’avance à 50 kms de l’arrivée, le fort vent de face semble condamner l’échappée. D’autant plus que United Health Care accompagné d’autres équipes souhaitant un sprint massif accélèrent l’allure, et l’écart fond rapidement. Mais comme je l’avais signalé il y a quelque temps, Ben a un gros moteur, et est un spécialiste de l’effort solitaire. A 20kms de l’arrivée, alors que l’écart est passé sous les deux minutes, il fausse compagnie à ses compagnons d’échappées, après les avoir tracté toute l’étape ! Le peloton revient sur les 5 autres échappées à 5 kms de l’arrivée, alors que Ben a conservé 55 secondes d’avance ! Ce n’est pas gagné pour autant, avec ce fort vent de face sur de grandes routes, qui favorise le retour du peloton. Mais Ben ne faiblit pas, et remporte l’étape en solitaire, précédant la meute de 10 secondes !

Un véritable numéro qui apporte la première victoire internationale à l’équipe !  Ben en a impressionné beaucoup, peu de coureurs sont capables de gagner de la sorte…

Motivé par la victoire de Ben, nous sommes de nouveau à l’attaque sur la 6ème étape. Je suis loin d’être au top, j’essaye de compenser en ayant le bon timing. Et ca marche, je pars au sommet d’une bosse lorsque tout le monde veut souffler. 2 coureurs m’accompagne, dont l’excellent marocain Mraouni. Nous faisons un bout de chemin à 3, le peloton semble se relever. Mais d’autres équipes veulent être dans l’échappée, et 5-6 coureurs reviennent sur nous. Nous roulons un bout ensemble, sur la superbe côte nord du pays, bien vallonée. Mais notre groupe ne convient pas au peloton, qui nous rattrape, tandis que Mraouni relance l’allure et emmène 3 autres coureurs avec lui. Ce sera la bonne échappée, et le vainqueur du jour se nomme … Mraouni ! Le peloton met un gros coup d’accélérateur dans le final. Refroidi par une chute qui se produit (encore!) juste devant moi, je décide de me relever à 5kms de l’arrivée pour finir tranquillement.

Aujourd’hui s’est déroulé la 7ème étape, longue de 186kms. Avec encore beaucoup de vent de face tout du long, il nous faudra 5h pour boucler l’étape. 2 échappées résistent au retour du peloton, je finis en milieu de paquet sans prendre de risque. Mon but est de me servir de cette course pour retrouver la forme, et après avoir pas mal récupéré de la chute de la 1ère étape, je pense être sur la bonne voie.

Tour du Maroc, étapes 3 & 4

La 3ème étape reliait Tanger à Martil, avec un vent soufflant toujours aussi fort. Les 50 premiers kms étaient vent de côté, la course part à bloc. Des éventails d’une quinzaine de coureurs se forment et tout le monde est à fond durant cette première heure de course (173 puls de moyenne pour ma part !). Pas mal de coureurs sont littéralement balayés par le vent et échouent sur la plage ! On retrouve dans le premier groupe essentiellement des marocains et des coureurs de United Healthcare, je suis dans le 3ème éventail. Puis nous tournons à gauche, notre groupe abandonne petit à petit la chasse des deux premiers, et devient un peloton des battus du jour. Avec un puissant vent de face, il nous faudra presque 3 heures pour couvrir les 90 derniers kms !

A l’arrivée, les écarts sont énormes, le second groupe de 15 coureurs, dont le maillot jaune, a concédé 10 minutes sur les 15 premiers ! Notre peloton arrive encore 10 minutes plus tard.


Sommet du long col dans le brouillard, à près de 1000m d’altitude

Hier s’est disputé l’étape reine de ce Tour, 190 kms entre Oued Laou et Al Hoceima, le long de la côte nord du Maroc, extrêmement vallonée. Une fois de plus aucune équipe ne contrôle la course, et l’étape se joue comme une course d’un jour, avec de mutiples attaques. Mon coéquipier Ben, très fort ce jour là intègre une échappée qui prend finalement du champ. Le peloton explose complètement dans le col de 10 kms au milieu de l’étape. Je manque de force pour accompagner le 1er groupe, et gère au mieux les 90 kms restants dans un gruppetto. Je souffre dans les montées comme dans les descentes, crispé sur mon vélo, ne pouvant pas serrer mon guidon avec ma main gauche. Au final, 6h de selle, et plus de 4000 m de dénivelé positif ! Les écarts sont de nouveau monumental, comme la veille, l’échappée (seulement 7 coureurs) a encore réalisé un incroyable coup de force en creusant un écart de 11 minutes sur le 1er peloton !

Au général, après 4 étapes sur 10, le leader marocain Anass Ait El Abdia,coureur dans l’équipe World Tour « UAE », compte 6 minutes d’avance sur l’américain C.Jones (United Health Care) et 9 sur le russe Pozdnyakov (Baku) ! Preuve d une course exceptionnellement intense et disputée sur ces 4 premières étapes. J’avais terminé 15ème du général en 2016, à 5 minutes du vainqueur, sois moins que l’écart actuel entre le 1er et le 2nd ! Tout le monde espère maintenant des étapes un peu plus contrôlées.

 

Frustrant de voir que je suis loin du niveau que j’avais à ma reprise en Grèce début mars. Au delà de mes douleurs persistantes liées à la chute du 1 er jour, je pêche vraiment dans les hautes intensités. Cet arrêt forcé de 3 semaines m’a vraiment fait perdre de la force.

Mais avec tous les efforts consentis sur ce Tour vraiment difficile, je suis certain que la forme va revenir dans quelques temps … En attendant, j’essaye simplement de me satisfaire de finir chaque étape. Faire le dos rond et attendre des jours meilleurs.

Tour du Maroc

Avec seulement une semaine d’entraînement dans les jambes, j’ai pris le départ vendredi de mon 3ème Tour du Maroc consécutif. Course UCI 2.2 de 10 étapes, accueillant une grosse vingtaine d’équipes, son parcours est varié et toujours pimenté par le vent et les montagnes. Pour une reprise, c’est corsé.

Mon but était de finir les premières étapes sans encombre afin de voir si je peux élever mon niveau et faire quelque chose plus tard dans la course. N’ayant quasiment pas fait d’intensités depuis un mois, je m’attends à souffrir. Je ne peux toujours pas serrer le guidon, et ne peux donc pas sprinter. J’espère surtout finir ces 10 jours de course en bonne santé, et je sais que j’en récolterai les fruits plus tard.

Et c’est déjà raté. A 20 kms de l’arrivée de la 1ère étape, très mouvementé à cause du vent, je suis dans un résidus de peloton lorsqu’une rafale de vent balaie les coureurs devant moi, qui s’accrochent les uns les autres. Je ne peux les éviter et tombe violemment. Je suis vraiment dégouté d’autant de malchance. Je n’ai pas chuté de toute la saison 2016, et quasiment pas auparavant, et voilà que je suis pris dans une chute le jour de ma reprise, un mois après le 1er accident de ma vie … Une spirale négative qui me plombe le moral. Je me relève et constate les dégâts : j’ai mal un peu de partout, et ma selle n’est plus sur mon vélo. Je la retrouve un peu plus loin, la mets dans ma poche, et termine péniblement les 20 derniers kms sans selle. Arrivée longtemps après le vainqueur russe, écorché de partout et avec une bonne fracture du morale, je trouve un chaperon qui m’attend pour un contrôle anti-dopage… après avoir eu la chance d’être tiré au sort. Eclaircie pour l’équipe, mon coéquipier hollandais Yannick, à l’aise dans les bordures finit dans le top 10.

Nouveau vélo !

La deuxième étape fut une nouvelle fois très nerveuse à cause du vent, avec de multiples tentatives de bordures. Il y a eu peu de répit, plusieurs équipes morcelant tour à tour le peloton. Mais le vent de face dans le final favorise un regroupement, et l’étape se dispute au sprint massif. Je franchis la ligne en queue de peloton, sans prendre de risque. Une journée où j’ai beaucoup souffert, tant des multiples contusions de la chute d’hier que du rythme saccadé.

Il reste 8 étapes et de nombreuses difficultés…