#5 Tour of Qinghai Lake – le lac, enfin !

Etape 5 : Longyangxia –> Bird Island, 235 kms

La première des deux très longues étapes de ce Tour de Qinghai Lake nous emmenait justement sur les rives du lac Qinghai, plus grand lac de Chine, situé au nord-est du haut-plateau tibétain, dans l’Amdo, l’une des trois régions traditionnelles.

Le lac Qinghai est située à 3200m d’altitude, et il nous a fallu grimper deux cols de 10 kms en tout début d’étape pour parvenir à son rivage. L’équipe colombienne Manzana-Postbon imprime un bon tempo, et seule une échappée de costaud peut partir, avec notamment G.Smukulis (Delko-Marseille) et J.Mosca (Williers).

Lorsque nous rejoignons le bord du lac, le vent souffle de côté. Le peloton devient nerveux, certaines équipes sont à l’affût de la moindre occasion pour lancer un coup de bordure. Et lorsqu’une chute survient vers la 20ème position du peloton, les biélorusses de Minsk ne se gênent pas pour accélérer un grand coup. Vent de panique dans le peloton. Heureusement, je ne suis pas trop mal placé, en protection de nos deux coureurs pour le classement général (les jeunes frères suédois Erik et Hannes Bergström Frisk) que j’escorte durant toute l’étape. Il y aura une seconde alerte un peu plus loin, mais là aussi le peloton se reforme assez rapidement.

Durant l’étape, je descend régulièrement à la voiture pour remonter à boire et à manger. Je me sens plutôt bien, donc je me porte volontaire à ce travail de l’ombre. Je remonte une dizaine de bidons à chaque fois, 2 sur mon vélo et 8 dans mon dos. A 3200m d’altitude, le moindre effort est particulièrement difficile.

Porteur d’eau

Les signes du bouddhisme tibétain ornent le parcours. Nous passons devant ou dessous une multitude de constellations de drapeaux colorés, appelés drapeaux de prières, qui signifient vraisemblablement « bonne chance ».

A 10 kms de l’arrivée, l’équipe Delko-Marseille place une accélération tranchante vent de côté, ce qui fait cette fois-ci explosé le peloton pour de bon. Le peloton est réduit à une soixantaine de coureurs, qui se disputent la victoire au sprint. Je parviens à bien accompagner mes leaders jusqu’au bout, qui ne perdent pas de temps, et reste dans la course pour un bon classement général. Ce qui n’est pas le cas du leader de l’équipe italienne Williers-Triestina, I.Koshevoy, qui perd 3 minutes dans l’affaire.

Classement 

Coup de bordure des marseillais !
Victoire de l’australien Cameron Scott (Australian Cycling Academy)

Et cette longue journée n’est pas terminée… C’est le charme de ces courses qui prennent parfois des allures d’aventure ! Levé à 6h, départ à 10h pour presque 6h de vélo… ils nous a fallu faire ensuite 5-6h de bus pour gagner l’hôtel. Heureusement, les paysages sont sauvages et magnifiques. Les routes sont sécurisées et complètement fermées à la circulation pour faciliter l’avancée du convoi. Les gens sont très chaleureux et nous saluent à notre passage, parfois avec des yeux intrigués. Dans cette région très rural, la plupart des tibétains élèvent des yaks ou des montons et vivent dans de simples tentes/yourtes. A la tombée de la nuit, nous franchissons un col à plus de 4000m d’altitude, sur un semblant de route vertigineux. Nous arrivons à l’hôtel vers 22h30, la veille de l’étape 6, cruciale pour le classement général avec une arrivée au sommet à 4120m d’altitude…

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